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Le Mucem à Marseille, enthousiasme et déception

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Comme chaque événement attendu avec impatience, l’ouverture du Mucem – le MUsée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée – soulève à la fois enthousiasme et déception.

Ma visite de ce lieu s’est effectuée 3 mois après son ouverture. J’étais donc en droit d’attendre une infrastructure encore non altérée par les années et le passage de millions de visiteurs. Son architecture originale et imposante dans un des quartiers historiques de Marseille laissait espérer un bâtiment conçu avec intelligence et aux détails soignés.

Le programme muséographique ambitieux était prometteur. S’intéresser aux civilisations de l’Europe et de la Méditerranée dans l’antique Massalia nous promettait une immersion dans les fondements de notre civilisation.

Mes attentes, sans doute trop grandes, n’ont été comblées qu’en partie.

 

Un joli fouillis mal organisé

 

Les instigateurs de ce grand projet ont pris le parti d’organiser l’exposition permanente en « Singularités ». Pas d’approche chronologique, ni géographique, ce musée ne se veut donc pas pédagogique. Et si c’est le cas, l’objectif est raté car il en ressort un joli fouillis mal organisé autour de thématiques vastes et peu approfondies.

La première thématique est celle de la naissance de l’agriculture et de la possession des lieux. Des objets très impressionnants sont exposés. Cependant, le refus d’une approche chronologique ou géographique font se côtoyer des objets très anciens aux côtés d’objets contemporains sans qu’ils ne soient liés par leur lieux d’origine. Le visiteur est perdu. S’il ne prend pas soin de lire chaque notice (quand elle n’est pas à moitié effacée), il peut vite se laisser prendre par un jeu d’amalgames incohérents et inutiles.

La deuxième thématique, « Jérusalem, ville trois fois sainte » est une manière d’aborder les trois religions monothéistes autour desquelles s’est construite la civilisation méditerranéenne contemporaine. Mais c’est aussi oublier les religions polythéistes grecque et romaine qui nourrissent encore, grâce à sa mythologie riche, notre culture contemporaine.  Sans parler de la mythologie égyptienne, car aux dernières nouvelles l’Egypte fait toujours partie du bassin méditerranéen. Il y a bien un ou deux vases grecs à figures rouges qui sont exposés plus loin, mais il est difficile de comprendre l’utilité de leur présence – à part esthétique – dans l’endroit où ils sont exposés.

La troisième thématique, « citoyens et citoyenneté  » aurait pu être l’occasion d’approfondir la connaissance et l’intérêt des visiteurs pour la naissance de la démocratie en Grèce puis la lente reconquête de ce mode de société à l’époque contemporaine par les peuples du bassin méditerranéen. Il semble d’ailleurs que ce fut l’objectif de cette partie de l’exposition. Cependant, tout est traité en surface, avec une approche plus politique que culturelle. Pourtant il s’agit bien de la vocation première d’un tel musée, que de donner un regard culturel à des problématique anciennes ou contemporaines et non un regard politique. Les médias, le débat public se chargent déjà de nous informer ainsi. Un trop long passage sur l’abolition de la peine de mort avec une guillotine exposée matérialisent ce phénomène qui n’a pas manqué de dérouter plus d’un visiteur.

Enfin la quatrième singularité intitulée « Au delà d’un monde connu » traite enfin du voyage. La civilisation méditerranéenne s’est construite autour de la mer, du commerce et du transport maritime, de la pêche et de toutes les richesses que la mer veut bien donner aux Hommes. Cette thématique majeure reléguée à la fin de l’exposition n’a pas de véritable lien avec la singularité précédente ce qui au mieux surprend, au pire déroute le visiteur, une fois encore.

 

Un musée déjà usé par 3 mois d’ouverture…

 

Pour identifier les objets présentés, le choix fut porté sur du texte directement inscrit sur le mobilier de présentation. Cette technique est souvent utilisée dans les expositions temporaires des grandes institutions.

Un effort, peu courant, a été fait pour donner des explications supplémentaires. D’ordinaire le visiteur n’a le droit qu’au nom, à  la date et au lieu d’origine de l’objet présenté. Seul les détenteurs d’audioguide peuvent avoir des informations supplémentaires. Ici les organisateurs ont fait l’effort de donner des renseignements supplémentaires utiles aux visiteurs.

Mais encore faudrait-il pouvoir les lire. Malheureusement, une lettre sur deux, un mot sur trois ou la fin de la phrase sont effacés. Qu’il s’agisse de dégradations de visiteurs précédents ou d’une mauvaise qualité de la technique d’impression des lettres, ceci est inadmissible pour un musée qui a ouvert il y a trois mois à peine !

Le visiteur a une impression de musée fini à la va-vite, peut être par manque de budget sur la fin des travaux ? Les toilettes pour dames ne sont qu’au nombre de deux. Les toilettes pour hommes bénéficient d’urinoirs à côté de la porte et de toilettes à la turque. Je pense à nos amis étrangers venant visiter ce genre de lieux, quelle piètre image de la France !

 

Un sens de circulation et une gestion des espaces incohérents

 

Le parti pris de ne faire appel ni aux vertus pédagogiques d’une présentation chronologique, ni à la simplicité d’une présentation géographique, ni à la richesse d’une présentation chrono-thématique, n’a pas encouragé les concepteurs de cette exposition permanente à penser le sens de circulation des visiteurs.

Heureusement, mon jour de visite était un jour creux et j’ai pu me déplacer à peu près correctement. Toutefois, malgré le nombre raisonnable de visiteurs ce jour-là, j’ai été régulièrement gênée et perdue. On ne sait pas par quel bout prendre l’exposition, les visiteurs vont dans tous les sens et se gênent les uns les autres.

 

Les touristes étrangers sont-ils les bienvenus ?

 

Une petite pensée pour les touristes étrangers. Je ne me suis pas penchée sur les versions d’audioguides proposées à la location, et je ne doute pas qu’une version dans de nombreuses langues est prévue. Cependant, pour ceux qui n’ont pas pensé à s’en équiper, ils constateront très vite leur erreur, car peu de textes sont traduits en anglais. Les explications sont uniquement en français. Pas d’anglais, d’allemand, de japonais ou de chinois. Peut être que Marseille n’est pas une ville suffisamment touristique pour se préoccuper de ce genre de détails.

 

Une architecture impressionnante… 

 

J’aimerai terminer sur une note positive de la même manière que ma visite s’est terminée.

Le visiteur est invité à visiter les toits du musées, donnant sur le Fort Saint-Jean, entièrement rénové. C’est sans doute la plus belle surprise du Mucem. C’est sur le toit terrasse, où des transats sont mis à disposition, que le visiteur peut mesurer la monumentalité du bâtiment. Je ne m’épancherai pas sur une description que ne serait pas à la hauteur de cette architecture et du ressenti de chacun. Mais j’encourage tous les futurs visiteurs à admirer la vue impressionnante qu’offre le toit terrasse du Mucem sur le Vieux-Port et la Méditerranée. Les longues rampes nous menant vers le Fort Saint Jean nous laisse admirer la carapace du musée aux motifs de moucharabieh modernisé et spectaculaire.

 

Pour préparer votre visite et vous faire votre propre opinion, voici le site internet du Mucem : ici