UA-39597406-1 Cartier-Bresson à Beaubourg | Un Oeil sur la Pub
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9 avril 2014
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Cartier-Bresson à Beaubourg

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Le centre Pompidou propose jusqu’au 9 juin, une exposition retraçant le parcours du photographe Henri Cartier-Bresson.
Cet événement remporte un grand succès, vu l’attente qu’il peut y avoir, même en pleine semaine.
Par chance, je n’ai attendu qu’une dizaine de minutes, à peine le temps de lire les infos bibliographiques reproduites en grand format sur le mur longeant la fil d’attente.

Une fois de plus, le centre Pompidou remplit son pari de nous offrir un événement culturel intéressant, divertissant, enrichissant et toujours bien organisé. Nous pourrions presque y voir une certaine routine dans la manière d’agencer les salles et dans la scénographie toujours identique d’une exposition à l’autre. Ce sera d’ailleurs bien le seul point négatif, que je pourrais relever sur cette exposition, mais j’y reviendrai en fin d’article.

 

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Le centre Pompidou a adopté un fil conducteur chronologique reprenant les grandes étapes de la vie du photographe : ses premières photos, ses influences, ses premiers voyages jusqu’à la période de maturité, l’engagement politique plus prononcé. Ces repères chronologiques amènent le visiteur dans une réflexion centrée sur l’artiste et l’homme Henri Cartier-Bresson.

 

Photographie ou peinture ?

Les passerelles sont nombreuses entre ces deux formes d’art dans l’oeuvre de Cartier-Bresson.
Cette exposition montre combien l’art de la composition chez le photographe tient une place importante. Devant une telle science des images, nous ne nous pouvons qu’être impressionnés par l’œil du photographe. Dès ses premières photographies, le visiteur est confronté à l’influence énorme de la peinture sur son oeuvre. Il est pris d’une certaine fascination pour la géométrie et propose des compositions très modernes.

 

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D’abord influencé par le constructivisme russe, il établit de forts liens avec les surréalistes.

Mais, c’est sa science de la composition qui m’a le plus impressionné, donnant le sentiment que chaque cliché est pensé, construit et préparé. Pourtant, il n’en est rien, il explique cela par le hasard :

 

« La composition repose sur le hasard. Jamais je ne calcule. J’entrevois une structure et j’attends que quelque chose s’y passe. Il n’y a pas de règle. »

 

Les photographies exposées les unes après les autres interrogent notre œil et notre curiosité. Les espaces emboîtés, les moments improbables invitent le visiteur à rester plus longtemps les contempler.
Ce dernier point situe son oeuvre dans un art de l’instant. Saisir des moments improbables, des instants précieux sont une des caractéristiques de son oeuvre. Il excelle dans l’art de capturer des instants fugaces comme dans ce cliché représentant deux lesbiennes à Mexico en train de faire l’amour.

 

« En 1934 au Mexique, j’ai eu beaucoup de chance. Je n’ai eu qu’à pousser une porte. Deux lesbiennes étaient en train de faire l’amour. C’était d’une volupté, d’une sensualité… On ne voyait pas leurs figures. J’ai appuyé. C’est un miracle d’avoir pu voir ça. Ça n’a rien d’obscène. C’est l’amour physique dans toute sa plénitude. Jamais je n’aurais pu les faire poser. »

 

Ce rapport à l’instant rappelle la théorie de Lessing sur l’instant décisif qu’il théorise à partir d’une réflexion sur la peinture, la sculpture et une analyse du torse du Laocoon. Une fois de plus, l’oeuvre d’Henri Cartier-Bresson est replacée dans l’histoire de la peinture.
D’autres photographies sont littéralement picturales et tendent vers l’abstraction, comme Inondations, Espagne, 1933. Seul le titre nous renseigne sur l’identité de ce motif représenté.

 

La scénographie

Les photographies sont nombreuses souvent de petits ou moyens formats, elles s’accumulent et montrent la richesse et l’importance de cette oeuvre exposée. Cependant, ce procédé scénographique devient vite inconfortable pour le visiteur. Toutes intéressantes, toutes différentes et révélant toutes une sensibilité propre, il est difficile de voir comment les commissaires d’exposition auraient pu en éliminer.

 

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Ici, la quantité ne nuit pas à la qualité mais au confort du visiteur qui souhaite s’imprégner pleinement de toute cette richesse visuelle qui lui est offerte.

Cette exposition retrace la carrière d’un artiste, une certaine histoire de la photographie et surtout les liens complexes qu’entretiennent l’art photographique et l’art pictural.